Premières aventures :-)
Voilà seulement quelques jours que je suis au Tadjikistan et j’ai vécu déjà tellement de choses que si je voulais tout raconter là j’aurais besoin de beaucoup de temps et vous de beaucoup de patience pour me lire, alors je vais essayer de faire un petit résumé, mais même un petit résumé ça risque de vous donner pas mal de lecture
Donc je suis arrivée lundi 21 tôt le matin. Georgiy, le chauffeur de la DDC (Direction du développement et de la coopération = DEZA en allemand = SDC en anglais… à partir de maintenant j’utiliserai SDC c’est plus simple) m’a conduite dans mon chez moi, un « petit » appart avec chambre, salon, bureau, cuisine, salle de bain et toilettes… tout ça pour moi toute seule ! L’avantage étant surtout de n’être qu’à 5 minutes à pied du QG de SDC et CCDR (qui sont quasi voisins). Le bâtiment est assez délabré mais l’appart est plutôt confortable malgré un frigo moisi et une chasse d’eau qui fuit ! Donc lundi, je n’ai pas fait grand-chose à part m’installer, faire connaissance avec les gens de SDC et CCDR et dormir !
Mardi, je suis partie avec Matthias Anderegg (Disaster Reduction Programme Officer Central Asia, qui est aussi ma personne de référence ici) et Imom (junior officer employé à SDC, il s’occupe du suivi de plusieurs projets cofinancés par SDC au Tadjikistan et c’est une mine de renseignements pour moi !), conduits par Georgiy pour aller voir l’état d’avancement de différents projets cofinancés par SDC. Après 3.5 h de (mauvaises) routes, nous sommes arrivés à Kulyab (dans le sud du pays) où l’ONG Oxfam a mis en route plusieurs projets suite à l’appel lancé par les Nations Unies pour réagir aux dégâts causés par l’hiver dernier qui a été extrêmement dur. Kulyab est la 3ème ville du Tadjikistan et elle a été très touchée. Le manque d’électricité dû aux barrages vides cet hiver (le Tadjikistan est très dépendant de l’énergie hydraulique qu’il produit) a eu (entre autres) pour effet des canalisations qui ont pêté à cause du gel, l’arrêt des pompes d’eau potable, l’arrêt de la STEP locale (l’installation de fonctionnait plus sans électricité et l’eau non traitée se déversait directement dans la rivière… qui sert de source d’eau « potable » pour plusieurs villages en aval)… Oxfam s’occupe de remettre ces installations en état de telle sorte qu’elles puissent résister à un hiver comparable, tout ceci en coopération avec les services publics auxquelles elles appartiennent, qui ont la bonne volonté et les capacités techniques de le faire mais pas les fonds ! Oxfam a aussi fourni des chauffages et des couvertures ainsi que des génératrices à des orphelinats et à l’hôpital de Kulyab, car bien sûr sans électricité, pas de chauffage ! Guidés par Nadia (une ingénieure suisse) et Aziz (un ingénieur palestinien), tous deux d’Oxfam, nous avons pu visiter rapidement un chantier où une conduite d’eau est réparée, l’hôpital et la STEP de Kulyab.
Deux mots sur l’hôpital, car c’était vraiment la misère… Comme ils n’ont plus d’eau depuis cet hiver (encore que je ne suis pas sûre que c’est vraiment depuis cet hiver ou si c’est l’état normal), les malades doivent aller aux toilettes dehors, à 50m du bâtiment dans une sorte de cabane pas vraiment hygiénique. Imaginez que c’était comme ça aussi cet hiver quand il faisait -30°C !!! De plus, théoriquement l’hôpital est un service public donc gratuit pour la population, mais le gouvernement ne donne pas assez de subventions et le personnel est sous-payé, donc les malades doivent quand même y aller de leur poche et comme ils n’ont pas d’argent, ils attendent le dernier moment pour se rendre à l’hôpital, quand ils n’ont vraiment plus le choix… Comme Oxfam a pu économiser sur quelques chauffages qui ont été fournis par la banque mondiale (vive la coordination des projets… c’était pas trop ça !), ils projettent de rétablir l’eau courante dans l’hôpital ces prochaines semaines.
Le soir, nous avons passé la nuit dans la guesthouse des Nations Unies à Kulyab et le lendemain, nous sommes partis pour Muminabad (environ 3/4 d’heure de route) pour cette fois visiter les projets de Caritas Suisse/Luxembourg. Leur bureau de Muminabad est constitué de deux unités : NDRM (natural disaster risk management) et l’unité de développement. Toutes deux sont dirigées par des suisses qui ont ensuite un groupe d’employés locaux qui travaillent avec eux. Le chef de NDRM s’appelle Matthias, il est assisté par Manuel (qui est comme moi un étudiant Umweltingenieur, mais de la haute école de Wädenswil et qui est à Muminabad pour un stage). La cheffe de l’unité de développement s’appelle Emma, en fait elle est suédoise mais elle a fait ses études à Zürich et parle parfaitement le suisse-allemand, je me serais crue à Zürich :-). Nous avons eu un aperçu des projets de NDRM, qui s’occupe de disaster risk reduction (DRR), donc exactement le domaine dans lequel je travaillerai. D’ailleurs, ils ont déjà travaillé avec CCDR pour quelques projets de risk assessment. Je vais passer en vitesse sur tout cela, en résumé le matin ils nous ont présenté l’état d’avancement de leurs projets de DRR et l’après-midi nous sommes partis dans les montagnes voir un projet de reforestation, en fait un ancien champ de blé sur lequel ils viennent de planter des arbres fruitiers. L’idée et de « reforester » (ça se dit ça ???) les bassins versants du coin pour mieux lutter contre l’érosion des sols qui est un sacré problème car tous les arbres sont coupés pour fournir du bois de chauffage, car il n’y a pour ainsi dire pas d’électricité dans cette région.
C’était l’aventure pour monter là-haut, car les routes ne sont pas vraiment carrossables, en tous cas pas pour le standard suisse ! Déjà, le goudron on oublie dès qu’on n’est plus sur une route principale, et en montagne c’est juste des chemins ravinés par le ruissellement, pleins de trous et de gros cailloux. En résumé, on se fait bien secouer quoi ! Mais les paysages sont vraiment superbes, il y a tellement peu de villages, ça semble abandonné mais en fait on croise tout le temps des troupeaux, des paysans, même au milieu de nulle part on n’est jamais seul très longtemps. Après notre excursion, nous avons encore soupé et dormi à Muminabad chez Matthias, Manuel et Emma pour finalement reprendre la route de Dushanbe jeudi matin. Arrivée à Dushanbe en début d’après-midi, je suis allée au bureau de CCDR où j’ai commencé à « travailler », en fait à me mettre à jour par rapport à leurs activités, donc à lire des rapports ! Ca va m’occuper quelques jours, mais c’est nécessaire pour bien comprendre ce qu’ils font et comment ils le font puisque je suis là avec mes petits moyens pour aider à fonder une ONG qui fonctionne…
Une dernière remarque et je vous laisse tranquille avec toutes ces histoires de projets : à chaque fois que je parle des ONG, je dis « ils font ». En fait, il faut bien comprendre qu’à tous les coups, ils travaillent avec la population locale, car le but, ce n’est pas de faire le travail pour eux mais bien de les aider, de les soutenir dans des domaines où il leur manque des capacités financières ou humaines, où leurs connaissances ne sont pas suffisantes pour agir. Par exemple dans le cas de la reforestation vers Muminabad, Caritas a fourni les arbres à une dizaine de familles. Celles-ci en sont les propriétaires (mais pas du terrain… ça c’est une autre histoire !) et doivent s’en occuper. Pour cela, Caritas leur apprend comment les tailler (ce qu’ils ne connaissent pas, d’habitude ils laissent leurs arbres grandir librement) afin qu’ils soient en meilleure santé. D’ici quelques années, à partir de ces arbres (pommiers, abricotiers…) les paysans pourront faire des greffons qu’ils se sont engagés à donner à leurs voisins, qui pourront ainsi planter un nouveau terrain et ainsi de suite. Si tout va bien, ça devrait faire boule de neige, mais il faut surveiller régulièrement pour être sur que ça marche !
Voili voilà, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui ! Heureusement que j’ai un ordi portable pour préparer les textes chez moi le soir, ça me permet de les publier en arrivant au bureau puisque je n’ai pas internet chez moi et que je n’ai pas l’intention de prendre une connection. En effet, le bureau étant gardé et tout proche de chez moi, je peux m’y rendre quand je veux, y compris le week-end, pour profiter d’internet, pratique hein
Ah pis désolée pour le long texte, mais j’avais vraiment trop de choses à raconter, j’essaierai de me limiter les autres fois…
Et si vous voulez des photos… il va falloir attendre, car j’ai envoyé une partie de mes affaires par la SDC, y compris bêtement le câble USB et le chargeur pour l’appareil photo !!! Pas très malin tout ça hein ! Alors plus qu’à attendre que ma valise arrive…





Am 25. April 2008 um 18:13 Uhr
Super!! Merci bcp pour ton résumé de ta semaine Sylviane! Je suis bien content que ton voyage et ton début de périple se soient bien passés! A Zürich, c’est la routine: pluie, pluie et pluie ; et apéros pour oublier la pluie lol!! Bonne continuation!!
Am 5. Mai 2008 um 21:05 Uhr
Einen guten Start hast Du schon! Das ist ja super! Falls es Dir trotz allen spannenden Projekten noch Zeit für Petersburg bleibt, würden wir uns sehr freuen. Und übrigens Du redest über “standart suisse”, il n´existe qu´en Suisse. C´est évident que tu ne le trouves jamais quelquepart ailleurs…De meme le standart tadschik il existe seulement la-bas. Je te souhaite beaucoup d´impressions “authentiqus”!A bientot!